Le Forum des Peuples
Personne ne vend la terre où marche son Peuple.

Étant donné que, pour la première fois dans l’histoire, le nombre de personnes souffrant de la faim a dépassé le seuil du milliard, le Conseil de la FAO a décidé d’organiser un Sommet mondial sur la Sécurité Alimentaire du 16 au 18 novembre prochain afin de donner priorité dans l’agenda international aux défis liés à l’insécurité alimentaire.
L’objectif principal de ce Sommet est de convenir des actions clés pour s’attaquer à cette crise. Selon le Directeur général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf, « La crise silencieuse de la faim – qui touche un sixième de l’humanité – représente une grave menace pour la paix et la sécurité dans le monde. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde. »
En plus de la réunion des Chefs d’État et de Gouvernement, parallèlement au sommet, trois évènements spéciaux sont organisés par les Parlements nationaux, le secteur privé et les ONGs, OCSs, organisations d’agriculteurs et autres producteurs d’aliments.
Dès que le sommet a été annoncé, les mouvements sociaux, ONGs et autres OSCs ont entamé un dialogue avec la FAO dans le but d’organiser un Forum parallèle de la Société civile comprenant les paysans, les peuples autochtones, les jeunes ruraux, les femmes et d’autres organisations sociales. Le moment est particulièrement important pour la société civile et nécessite donc une forte mobilisation pour changer les politiques officielles relatives à l’agriculture et à l’alimentation et s’occuper de façon efficace des causes profondes de la faim et de la pauvreté dans la situation actuelle de crises multiples (climatique, économique, financière et alimentaire). Le changement ne peut avoir lieu qu’avec la participation active des producteurs, des mouvements sociaux et des ONGs/OCSs représentant les personnes les plus affectées par la faim.
Un Comité de pilotage international du Forum (ISC) composé de différents secteurs sociaux, et équilibré en termes de régions et genre, a été créé de façon autonome par les organisations intéressées par l’organisation active de ce Forum. L’ISC est composé de représentants des deux principales organisations mondiales de paysans, de trois organisations régionales de paysans, des deux principaux forums mondiaux de pêcheurs artisanaux, de pastoralistes, d’organisations de Peuples autochtones, de travailleurs agricoles et du secteur de l’alimentation, d’organisations environnementales, de réseaux d’agro-écologie, de pauvres urbains, de jeunes, d’organisations de défense des droits de l’homme, d’organisations internationales non gouvernementales, du groupe ad-hoc des organisations non gouvernementales internationales ayant un statut formel avec la FAO, le secrétariat du Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire et la Plateforme italienne pour la Souveraineté alimentaire en tant que comité hôte national[1].
1. La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au cœur des systèmes et politiques alimentaires en lieu et place des exigences des marchés et des transnationales. Elle défend les intérêts et l’intégration de la prochaine génération. Elle représente une stratégie de résistance et de démantèlement du commerce entrepreneurial et du régime alimentaire actuel. Elle donne des orientations pour que les systèmes alimentaires, agricoles, halieutiques et d’élevage soient définis par les producteurs locaux. La souveraineté alimentaire donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et fait primer une agriculture paysanne et familiale, une pêche traditionnelle, un élevage de pasteurs, ainsi qu’une production, distribution et consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique. La souveraineté alimentaire promeut un commerce transparent qui garantisse un revenu juste à tous les peuples et les droits des consommateurs à contrôler leurs aliments et leur alimentation. Elle garantit que les droits d’utiliser et de gérer nos terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité soient aux mains de ceux et celles qui produisent les aliments. La souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales, sans oppression et inégalités entres les hommes et les femmes, les peuples, les groupes raciaux, les classes sociales et les générations.


